vendredi 25 janvier 2019

Wilde, Oscar Wilde



« Il n’avait plus sa tunique écarlate,
car le sang et le vin sont rouges,
et sur ses mains il y avait du sang et du vin
quand on le trouva avec la morte,
la pauvre femme morte qu’il aimait,
et qu’il avait tuée dans son lit.
……..
Pourtant chaque homme tue ce qu’il aime,
Et que chacun le sache :
Les uns le font avec un regard de haine,
D’autres avec des paroles caressantes,
Le lâche avec un baiser,
l’homme brave avec une épée !
……..
Jamais je ne vis des hommes tristes
Regarder avec un œil si intense cette petite tente de bleu
Que nous, prisonniers, appelions le ciel,
Et chaque nuée indifférente
qui passait en heureuse liberté.
……..
Car il a un suaire, ce malheureux,
Tel que peu de gens peuvent en réclamer :
Bien au fond, au bas d’une cour de prison,
Nu pour plus grande honte,
Il git, avec des chaines à chaque pieds,
Enveloppé dans un drap de flamme !
Et pendant tout le temps,
La chaud ardente dévore sa chair et ses os,
Elle ronge les os cassants pendant la nuit,
Et la chair tendre pendant le jour,
Elle mange la chaire et les os tour à tour,
Mais elle ronge le cœur sans cesse.



Oscar Wilde
Extraits de la « Ballade de la Geole de Reading »

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