Je
n’oublierais jamais son visage. Assis, la tête adossé contre la fenêtre d’un métro vide des
dimanches après-midi, le vieil homme avait l’air si malheureux. Tout couvert haillons en guise de vêtements avec un grand sac vert que l’usage du temps
avait rendu presque gris, je le voyais compter et recompter dans ses mains sales
trois pièces, qui devaient être sans doute la maigre paye de sa dure journée
de travail.
Je le regardais et j’essayais d’imaginer sa vie. Sans doute il devait passer sa journée assis au même carrefour et le soir venu il cherchait une place sous quelque toit ou étendre son corps meurtri par la dureté de sa vie. Je me disais que j’avais bien de la chance et pensait combien nos souffrances sont minces comparées à d’autres.
Et juste à ce moment une petite fille est apparue dans le wagon.
Je le regardais et j’essayais d’imaginer sa vie. Sans doute il devait passer sa journée assis au même carrefour et le soir venu il cherchait une place sous quelque toit ou étendre son corps meurtri par la dureté de sa vie. Je me disais que j’avais bien de la chance et pensait combien nos souffrances sont minces comparées à d’autres.
Et juste à ce moment une petite fille est apparue dans le wagon.
Elle était aussi toute
sale et mal vêtue. Avec sa petite main, elle demandait quelques sous pour
manger.
Habitué à tel spectacle qu’est la pauvreté dans nos grandes villes, les
passagers se retournaient et semblaient faire comme si de rien n’était chaque
fois qu’elle s’approchait d’eux.
Arrivé devant le vieux mendiant celui-ci la
regarda d’un air tendre et d’une voix forte il lui dit : -Combien veux-tu ma
petite ? Et en disant cela il glissa avec un grand sourire dans la main
innocente de cet enfant son immense fortune de trois pièces.
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